Un documentaire où la fiction ne dépasse pas la réalité mais la »répare »!

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Cleveland contre Wall Street de Jean-Stéphane Bron

sortie le 18 août 2010

Le 11 janvier 2008, Josh Cohen et ses associés, avocats de la ville de Cleveland, assignent en justice les 21 banques qu’ils jugent responsables des saisies immobilières qui dévastent leur ville. Mais les banques de Wall Street qu’ils attaquent s’opposent par tous les moyens à l’ouverture d’une procédure. Cleveland contre Wall Street raconte l’histoire d’un procès qui aurait dû avoir lieu. Un procès de cinéma, dont l’histoire, les protagonistes et leurs témoignages sont bien réels.

Cleveland contre Wall Street

Le cinéma peut-il nous venger de la réalité ?
L’année dernière à la même époque, les critiques avaient copieusement glosé sur la fin d’Inglorious Basterds de Quentin Tarantino, et ce fantasme de cinéma qui consistait à redresser le cours de l’histoire par la fiction (en faisant périr Adolf Hitler dans un incendie). Il y a quelques années, le Festival avait programmé en séance spéciale le Bamako d’Abderrahmane Sissako, qui orchestrait le procès fictif des institutions financières internationales (FMI, Banque Mondiale…) par la société civile africaine.
Cleveland contre Wall Street de Jean-Stéphane Bron, présenté à la Quinzaine des réalisateurs, pousse le bouchon un peu plus loin, en transposant la même démarche dans le genre documentaire : le procès qu’il met en scène comporte un « vrai » juge, un « vrai » jury, de « vrais » avocats et de « vrais » témoins ; et pourtant il n’a jamais eu lieu.
Comme l’explique le cinéaste en voix-off dans son propos liminaire, la ville de Cleveland a bien songé à assigner en justice les grandes banques qu’elle jugeait responsables de la crise immobilière ; mais le procès a été bloqué au premier stade de la procédure par une armada d’avocats stipendiés par Wall Street. Comprenant que le procès qu’il comptait suivre n’aurait jamais lieu, le cinéaste a contacté tous les protagonistes pour leur proposer de le transformer en « procès de cinéma ».

L’initiative pose de passionnantes, et embarrassantes, questions théoriques. Mais l’audace et la force du film sont justement de ne pas s’en embarrasser, et de croire coûte que coûte à l’intérêt de son dispositif. C’est cette foi qui permet à Cleveland contre Wall Street de trouver son rythme et son ton, et d’emporter avec lui le spectateur.
Il faut dire que le film repose sur une dramaturgie qui a fait ses preuves au cinéma, aussi bien dans le genre fictionnel (Jean-Stéphane Bron cite parmi ses influences Autopsie d’un meurtre d’Otto Preminger et Erin Brokovich de Steven Soderbergh) que dans celui de la fiction (Un coupable idéal ou Soupçons de Jean-Xavier de Lestrade, pour rester de ce côté de l’Atlantique) : c’est devenu une banalité de rappeler qu’un tribunal est un théâtre, et ce d’autant plus dans la procédure accusatoire américaine (qui oppose frontalement deux parties).
Il faut dire également que le sujet de la crise des subprimes, qui a donné lieu cette année à pas moins de trois films dans les différentes sélections (les deux autres étant Wall Street 2 d’Oliver Stone et le documentaire Inside Job de Charles Ferguson), est suffisamment brûlant pour nous accrocher et nous tenir en haleine.

article issu de http://www.zerodeconduite.net

voir aussi http://www.telerama.fr/cinema/cleveland-une-ville-a-la-derive,56024.php

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